HGich.T Live + Acid Aftershow - 30 ANS DE TOUR
Le projet farfelu consistant cette fois-ci à laisser l'IA faire tout le travail a échoué. Au
final, HGich.T a tout de même dû s'en charger eux-mêmes. Heureusement ! « Lenovobeach », le huitième album studio du collectif musical hambourgeois, sonne comme l’étreinte tendre d’une mère défoncée.
« Oui, patron. Merci pour tout », peut-on entendre sur « Lenovobeach », et cela résume presque tout. L’idée, pour changer un peu cette saison, de laisser ChatGPT s’occuper de tout le travail sur les paroles et le son et de remplacer petit à petit l’ensemble du groupe par des avatars, partait d’une bonne intention (mot-clé : équilibre entre vie professionnelle et vie privée), mais au final, DJ Hundefriedhof, Tutenchamun, Dr Geilser, Nora Hardstyle, Katze Cozy, DJ Balmi, la belle Maike, Fosserill, 12Fingermann, le professeur Sus-pect, Opa16 et le reste de cette bande adorable ont tout de même préféré s’en charger eux-mêmes pour que, même 14 ans après la sortie du méga-tube « Hauptschuhle », ça claque toujours aussi fort que vingt fouets de buzkashi. Mission : accomplie.
« Ce que l’IA a craché là-dessus sonnait de manière lisse, calculée et sur-esthétisée ; on aurait tout aussi bien pu demander à Maik Forster, ou je ne sais plus comment il s’appelle », résume le Dr Geilser, épuisé. « Ce n’est pas pour rien que nous formons depuis des décennies un petit îlot exotique loin des filtres, de l’obsession de l’auto-optimisation et du perfectionnisme du XXIe siècle. » Et cela doit rester ainsi : « Lenovobeach » a été produit avec beaucoup d’amour en sept nuits magiques dans une grotte de plage portugaise et séduit par ses hymnes rave optimistes (« Geistig am Start »), ses morceaux endiablés et extatiques («UDO»), des tubes romantiques dérangeants («Merci Chérie»), des morceaux percutants et critiques envers la société («Saufe») et le nouveau tube de l’été «Lenovobeach», qui passe déjà en boucle au «Pascha».
Aussi robuste et intemporelle qu’un vieux Lenovo, la ballade au clavier « Die schwarze Gitarre » s’inscrit dans le style entraînant de Graf Zahl. Les paroles sont tirées d’un ancien journal intime du Dr Geilser.
Le clou de ce nouvel album est un hymne à la gloire d’un objet du quotidien incontournable : l’« adaptateur », qui fait non seulement saliver les stations de radio, mais qui a également inspiré aux « Gebrüder Brett » un remix détonnant.
À écouter : « Geistig am Start » hypnotise avec un chant d’opéra presque mielleux (Nora Hardstyle), des chants portugais et des vibrations inquiétantes et mélodiques à la « Joueur de flûte de Hamelin », le tout servi sur un beat ultra-puissant à la « Hundefriedhof » qui n’a pas son pareil. Message : « Nous sommes les outsiders, nous sommes les Mayday, nous dansons dans la Matrice, geistig am Start.
Aux claviers et au micro (notamment sur « Adapter »), un fils prodigue brille de mille feux : Fosserill est de retour ! Pendant des années, ce drôle de remplaçant du grand Vhagvam Swami avait disparu au pays des oursons, se contentant de temps à autre de lui servir de souffleur. Désormais, « Fossi-Bär » peut sortir de l’ombre du grand maître, qui profite actuellement de son congé parental. « Les gars de HGich.T avaient toujours les pieds qui puaient. Mais maintenant, ça va mieux. Du coup, je suis de retour. Et ça me donne vraiment la pêche », déclare Fosserill via ICQ. Tutenchamun, lui aussi, prend de l’assurance : « Après vingt ans, je connais enfin “Hauptschuhle” par cœur », se réjouit le leader, adorablement déjanté. Chapeau !
Bilan de la presse – jusqu’à présent : « Goa, néon et une bonne pincée de trash (...) HGich.T – cette bande hétéroclite d’artistes de performance, de musiciens et de marginaux – célèbre la vie, l’amour et peut-être aussi l’art (...) et pianote, dans des tenues trash, sur le clavier grondant du mauvais goût », s’est récemment réjoui le Saarbrücker Zeitung
La tournée est présentée par laut.de & byte FM